Harcèlement à l’école : que faire ?

Harcèlement à l’école : que faire ?
 

Plus d’1 élève sur 10 victimes de harcèlement à l’école, 14 % des élèves de primaire, 12 % de collégiens et 3 % des lycéens. Un phénomène loin d’être anecdotique même si la France n’est pas le pays le plus exposé. Comment repérer et faire face au harcèlement scolaire ?


700 000(1) élèves victimes de harcèlement

Selon l’Unicef(2) plus de 30 % des enfants et adolescents interrogés déclarent avoir été victimes de moqueries et d’attaques blessantes à l’école. Mais 1 enfant sur 2 âgé de 7-8 ans s’en plaint !
Les violences verbales et physiques concernent plus souvent les garçons, le cyber-harcèlement plutôt les filles.
Fin 2017(3) le nombre de collégiens déclarant un nombre d'atteintes pouvant s'apparenter à du harcèlement est en légère baisse par rapport aux autres années (5,6 % en 2017 contre 6,1 % en 2011). Par ailleurs, selon l'enquête internationale HBSC (Health Behaviour in School-aged Children), menée auprès de collégiens tous les quatre ans dans 42 pays, le harcèlement scolaire aurait diminué en France de 15 % au collège entre 2010 et 2014. La baisse atteint 33 % en classe de sixième.

Comment repérer les signes de harcèlement à l’école ?

Dans la vie d’un enfant puis d’un adolescent les occasions de changer de comportement, au grand désarroi des parents, sont nombreuses. Si une telle attitude n’est pas synonyme de problème, les parents doivent pourtant être attentifs et ne pas minimiser les faits. Alors profitez de ces moments pour essayer de parler du mal-être de l’enfant, en l’incitant à se confier.
 
A savoir : n’oubliez jamais qu’il a peur, parfois honte et se sent coupable de ne pas être à la hauteur, d’être incapable de faire face.
 
Un élève chahuté, objet de brimades, d’humiliations, d’insultes, de coups… peut faire un rejet de l’école, lieu de ses agressions. Ces comportements peuvent et doivent amener à réfléchir : difficultés à se lever pour se rendre au collège, peur de prendre le bus seul, envie de rester sous sa couette, enfant qui tombe (trop) souvent, perd régulièrement son matériel, son manteau…
 
Sans oublier le jeune qui se renferme et présente des troubles du sommeil, maux de ventre, angoisses, nausées, énurésies, mais aussi perte de cheveux ou dérèglements hormonaux. Ne passez pas à côté de la dépression d’un enfant, de l’enfant isolé à l’école, refusant de fêter son anniversaire, du jeune en échec scolaire, incapable de se concentrer et qui sèche les cours sans prévenir.

Harcèlement scolaire en privé ou public : qui alerter ?

Au sein de l’établissement

Contactez la direction de l’établissement pour exposer la situation. Parfois les parents évoquent le sujet avec le responsable du temps périscolaire pour avoir un autre regard. Dans tous les cas, si vous signalez cet état de fait à un membre de l’équipe éducative celui-ci est tenu d’en faire part à sa direction.
En présence de harcèlement scolaire sur un enfant, les parents doivent également consulter un médecin. Celui-ci, en rapport avec le médecin scolaire, évaluera de quels soutiens l’élève a besoin et notamment d’une aide médico-scolaire pour lui permettre de ne plus fréquenter l’école.
 
A savoir : tout enseignant, responsable d’établissement, CPE… ayant connaissance de faits de harcèlement a l’obligation d’avertir sans délai le procureur de la République.

Des numéros verts nationaux

Le « 3020 » est le numéro vert « Non au harcèlement ». Gratuit, anonyme, confidentiel ce numéro conseille, écoute, oriente les jeunes victimes, les parents, les témoins. Les écoutants peuvent au besoin, contacter les référents académiques pour activer le suivi et faciliter l'action concrète.
Le 0800.200.000 « Net-Ecoute » traite et accompagne élèves, parents et professionnels sur les questions relatives au cyber-harcèlement.
En cas de situation avérée de harcèlement, les informations sont transmises à l’un des 310 référents académiques et départementaux « harcèlement ».
 
A savoir : découvrez des ressources documentaires et des conseils sur vos démarches sur ce site de l’éducation nationale. Il existe également une page Facebook sur le sujet.

Harcèlement à l’école : quelle action mener ?

Commençons par ce qu’il ne faut pas faire : n’essayez pas de régler tout seul le problème, ne contactez pas l’auteur des faits. Vous pourriez aggraver la situation et les parents du harceleur pourraient porter plainte !
Tentez d’obtenir de votre enfant la description la plus précise de ce qu’il subit : à quels moments, avec qui, dans quelles circonstances, y a-t-il des témoins…
Notez tous ces éléments et toutes les preuves éventuelles (notamment lors de cyber-harcèlement avec captures d’écran, email, SMS, photos, vidéos…). Ces éléments seront utiles au moment de la discussion avec le responsable de l’établissement et indispensables si vous portez plainte.
Vous pouvez demander à changer d’établissement en saisissant la direction académique des services de l’éducation nationale (Dasen).

A quel moment saisir la justice ?

Si les actions menées par l’établissement suite à votre signalement ne permettent pas de résoudre le problème, vous pouvez porter plainte auprès du commissariat de police ou de la gendarmerie contre l’auteur du harcèlement.
 

(1) Chiffres du ministère de l’Education nationale.

(2) Enquête nationale de l’Unicef, publiée le 8 novembre 2018.

(3) Enquête nationale de climat scolaire et de victimation de la DEPP, décembre 2017.
 

Publié le 27 mars 2019