prévention produits phytosanitaires
 
  • Stocker et utiliser les produits phytosanitaires en toute sécurité

    L’utilisation et le stockage des produits phytosanitaires font partie des activités qui peuvent présenter des risques notamment en termes de pollution et de santé pour les personnes travaillant dans l’exploitation agricole. Pour limiter les risques, rien ne vaut la mise en œuvre d’une démarche de prévention adaptée.

    Concevoir un local phytosanitaire

    Si c’est une exigence réglementaire, un local phytosanitaire bien conçu est surtout la première étape d’une utilisation sécurisée des produits phytosanitaires. Une pièce ou armoire, dédiée à ces produits, prévient les risques de pollutions accidentelles mais aussi de vol. Ce local sera fermé à clé et clairement signalé par un panneau rappelant que l’entrée est interdite et affichant les consignes de sécurité. Le local sera installé à plus de 15 mètres des habitations et 35 mètres des cours d’eau. Il sera adapté au volume de produits à stocker, qui seront conservés dans leur emballage d’origine. Le local sera ventilé et si possible isolé pour une bonne conservation des produits. Un sol cimenté avec des rebords étanches ainsi que des étagères équipées de tablettes de rétention protégeront des risques de fuite. Il faut y prévoir un point d’eau pour se nettoyer en cas d’incident ainsi que de la matière absorbante (sciure, litière pour chat).

    Local de stockage des produits phytosanitaires et aire de remplissage adaptés

    L’utilisation des produits phytosanitaires requiert également un certain nombre de précautions. En plus des critères techniques de choix, leur application doit respecter des conditions météorologiques précises et des exigences environnementales, ZNT par exemple, à vérifier pour chaque produit.

     

    Que ce soit pour l’applicateur ou pour le milieu, la phase de préparation de la bouillie est la plus critique : le produit est sous forme concentrée et les manipulations sont nombreuses. Pour sécuriser cette préparation, il est intéressant d’avoir un poste de remplissage stable avec, à portée de main, ses outils de pesée et de dosages. Ustensiles, qui seront ensuite rangés dans le local phyto.

     

    Autre phase critique, celle du remplissage du pulvérisateur : 80 % des pollutions accidentelles sont dues à des débordements. Le remplissage doit se faire sur une aire spécifique, avec une surface étanche et la récupération des effluents, qui seront stockés et traités. Cette aire sera équipée pour protéger le réseau (clapet anti-retour) et éviter les débordements (cuve intermédiaire, volucompteur ou jauge électronique qui coupe l’alimentation après un volume déterminé).

     

    En fin de traitement, le fond de cuve sera dilué et rincé au champ. Pour les déchets, emballages vides comme produits non utilisés, des filières de traitement ont été mises en place par Adivalor et les distributeurs, qui organisent des collectes annuelles.

    Se protéger lors de la manipulation des produits phytosanitaires

    Seules les personnes habilitées par le Certiphyto peuvent travailler avec des produits phytosanitaires. Lors des manipulations, des équipements de protection individuelle (EPI) préviennent de tout contact. Il est recommandé de porter des gants en nitrile ou néoprène, une combinaison elle-aussi étanche et des bottes de sécurité, résistantes aux produits chimiques. Il faut aussi se protéger de l’absorption par inhalation en portant un masque à cartouche filtrante, un demi-masque jetable et des lunettes de protection ou encore un masque à ventilation assistée. Pour se protéger lors du traitement, la cabine de tracteur devra être équipée de filtres et fermée. Ces barrières physiques seront complétées par un lavage régulier des mains et une douche après chaque traitement.

     

    En cas de contact, il faut se laver abondamment, puis consulter un médecin. Pour les ingestions et brûlures, appelez immédiatement les secours. 

     

    Bon savoir : 

    Pour transporter des produits phytosanitaires, les chauffeurs doivent répondre aux exigencies de l’ADR (accord for dangerous goods by road ; en français, accord pour le transport des matières dangereuses par la route) et avoir rempli une déclaration de chargement de matière dangereuse. De plus, le véhicule doit être équipé de panneaux de signalisation, d’extincteurs, d’une trousse de secours.

    Les chefs d’exploitation et leurs salariés sont dispensés de cet ADR, à la condition d’avoir le Certiphyto. La quantité transportée doit être inférieure à 50 kg si les produits sont placés dans un utilitaire ou voiture personnelle. Avec un engin agricole, la quantité augmente jusqu’à 1 t, mais avec des conditionnements de moins de 20 kg (ou litre). Les autorités recommandent de placer les produits dans une caisse étanche et de bien les arrimer. Si la quantité dépasse 50 kg, mieux vaut opter pour la livraison par le fournisseur.

    Sur la route, l’agriculteur n’a aucune règle à respecter pour circuler un pulvérisateur. Cependant, sa responsabilité peut être engagée en cas d’accident et de pollution avérée. Pour limiter les risques, il faut entretenir et vérifier régulièrement l’état de la cuve et le système d’attelage.

     

    Pour en savoir plus sur l’utilisation et le stockage des produits phytosanitaires, consultez notre guide prévention.

     

    Mis à jour le 14/06/2019

 

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