Professionnels et entreprises
 
 
  • Travailler dans le froid : le guide des bonnes pratiques

    CONSEIL - TRAVAILLER AU FROID

     

    Entrepôts frigorifiques, chambres froides ou encore travaux en extérieur, de nombreuses situations exposent les professionnels au froid. Cette exposition directe au froid, de manière naturelle ou artificielle, présente des risques pour la santé des travailleurs. La législation impose aux employeurs des règles strictes pour protéger leurs salariés du froid. Une exposition répétée et prolongée peut constituer un vrai danger pour la santé…

     

    Découvrez les conseils de Nicolas Gand, dirigeant de Nicolas Gand SARL, entreprise artisanale de menuiserie créée en 2012, assurée à Groupama. Pose de fenêtres, portes, volets, vérandas…c’est désormais une équipe de maçon et deux équipes de menuisiers qui travaillent au sein de l’entreprise, parfois exposées à des conditions climatiques ardues.
     

    Les risques du travail dans le froid

    Les professions concernées par le travail au froid
     

    Le froid fait partie du quotidien de nombreux professionnels : entrepôts frigorifiques, chambres froides, usines de conditionnement… D’autres professionnels, plus nombreux, sont exposés au froid pendant l’hiver. Il s’agit par exemple des agents d’exploitations des routes ou des voies ferrées, les monteurs de ligne de réseaux ou encore les professionnels travaillant sur des lieux ouvertes comme des hangars ou saisonniers en station de sport d’hiver, parc d’attraction…
    Les artisans du BTP qui interviennent sur des chantiers sont également touchés par des conditions climatiques ardues. « Tous les ans, le froid modifie nos habitudes, raconte Nicolas Gand, élu Groupama. Nous devons nous adapter pour poursuivre nos activités en toute sécurité. ».

    En effet, travailler dans un environnement froid peut être non seulement dangereux pour la santé (engourdissements, gelures, troubles musculo-squelettiques), mais peut aussi entraîner des risques liés à la baisse de dextérité manuelle et de vigilance mentale due à une fatigue accrue qui augmentent les taux d’accidents du travail (glissades, contact avec des surfaces métalliques froides…).

    Les conséquences de l’hypothermie

    En cas d’exposition au froid prolongée, l’hypothermie constitue le risque le plus important. Il survient lorsque l’individu ne parvient plus à réguler sa température interne.

    En-dessous de 37°C, température normale du corps humain, les médecins distinguent 3 phases différentes :

    • sous 35°C, il s’agit du seuil officiel pour parler d’hypothermie ;

    • sous 32°C, on parle d’hypothermie sévère avec une personne inconsciente ;

    • sous 28°C, l’hypothermie est considérée comme grave avec un risque mortel pour la victime.

     

    Si l’hypothermie peut entraîner des gelures aux extrémités (mains, pieds, visage…), elle augmente aussi le risque d’accident cardiaque et peut aggraver les pathologies chroniques. Dans le froid, le corps a besoin de plus d’énergie pour maintenir sa température normale et préserver ses fonctions vitales : il est plus sollicité, donc plus vulnérable. 

    Les règles du travail dans le froid

    Pas de seuil précis pour le froid…

    La loi oblige les employeurs à prendre des mesures de protection contre le froid, qu’il soit artificiel ou naturel. Elle ne fixe cependant aucun seuil précis de température. Pourquoi ? Car des facteurs autres que le mercure entrent en ligne de compte. Le vent, l’humidité, l’altitude influent sur la « température ressentie », qui varie de la température « officielle » : 0°C au thermomètre peut se transformer en -5°C, -6°C voire -7° ressentis… Or, c’est cette valeur qui compte réellement pour le corps humain. La loi laisse ainsi une certaine liberté d’appréciation.  

    … mais des obligations strictes pour les entreprises

    L’article L4121-2 du code du travail fixe les différentes obligations, parmi lesquelles :

    • Evaluer les risques qui ne peuvent être évités pour déterminer des actions préventives ;

    • Adapter le travail à l'homme, avec des postes de travail, des équipements et des méthodes qui réduisent les efforts ;

    • Donner les instructions appropriées aux travailleurs.

     

    Autre obligation légale : élaborer et tenir à jour un DUERP (Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels) qui recense les différents risques et les manières de les réduire ou les supprimer.
    « Nous maintenons constamment à jour ce document, précise Nicolas Gand. Il recense précisément les différents risques de l’entreprise, dont le froid, et les manières de réduire ces risques ou de les supprimer en intégrant les mesures mises en place. ».

    Consultez notre article qui aborde la méthode et les ressources pour réaliser l’évaluation des risques professionnels.

    Bien protéger les salariés du froid

    Des mesures de prévention adaptées permettent de réduire le nombre d’accidents et de troubles liés au travail au froid. Les mesures les plus efficaces consistent à éviter ou à limiter le temps de travail au froid.

    A défaut, il convient, entre autres mesures, d’organiser le travail, de fournir les équipements adaptés et d’aménager les locaux de pause chauffés.

    Des équipements adaptés

    Première mesure à mettre en place : fournir des protections aux salariés… mais aussi les inciter à les utiliser :

    • gants si la température est inférieure à 4°C ;

    • chaussures antidérapantes, pour réduire le risque de chute ;

    • encourager le port de plusieurs couches de vêtements : superposer des fines couches est plus efficace qu’une seule couche épaisse.

     

    « Ces protections doivent assurer une dextérité optimale pour la tâche à effectuer et correspondre à la morphologie de chacun, rappelle Nicolas Gand. Si les équipements ne sont pas adaptés, les équipes ne les utiliseront pas… ou seront considérablement ralenties dans leur travail. ».

    Autre élément important : rappeler aux salariés de bien boire et de bien manger. Les basses températures augmentent le risque de déshydratation et font consommer plus d’énergie au corps. De manière générale, formation et sensibilisation aux règles de sécurité, à la conduite ou encore aux dangers du froid incombent à l’employeur.

    Un travail aménagé

    La protection des salariés face au froid passe aussi par des aménagements :

    • Mettre à disposition un local chauffé ;

    • Apposer une signalétique ;

    • Planifier les activités en extérieur selon les prévisions météo ;

    • Adapter les horaires pour éviter les moments les plus froids ;

    • Limiter les tâches intenses et le temps de travail sédentaire.

     

    « Pendant les périodes de grand froid, nous n’hésitons pas à adapter les horaires et les plannings, détaille Nicolas Gand. Les chantiers extérieurs qui ne peuvent pas être reportés sont effectués seulement après le lever du jour et avant le coucher, pour éviter les heures les plus froides. Et une pièce chauffée attend les équipes dans l’entreprise. Ces mesures simples réduisent les risques d’accident. »

    Elles permettent aussi de préserver le fonctionnement et l’image de l’entreprise. Avec l’arrivée de l’hiver, c’est le moment de se préparer pour éviter le coup de froid !

     

    Bon à savoir : 
    Certains salariés bénéficient d’une prime de froid. Elle n’est pas obligatoire, sauf si elle prévue par une Convention collective. C’est le cas notamment de la Convention collective nationale des exploitations frigorifiques et de la Convention collective nationale de l'industrie de la salaison, charcuterie en gros et conserves de viandes. 

     

    Publié le 22/11/2018

 

Multirisque des professionnels de la construction

Couverture décennale, imprévus sur un chantier, dommages matériels causés par des travaux de rénovation… Groupama connaît les risques spécifiques à votre métier et vous apporte une solution adaptée.

 

Votre devis gratuit

En 3 clics, remplissez notre formulaire.
Un conseiller Groupama vous contactera rapidement.