Réforme des retraites agricoles : ce qui change pour les exploitants en 2026

Contenu mis à jour le 08/07/2026 - Partager l'article

À quel âge pourrai-je prendre ma retraite ? À combien se montera ma pension de retraite ? Comment puis-je améliorer mes ressources quand je serai retraité ? Et qu’est-ce qui change concrètement avec les dernières réformes ? Groupama vous répond.

Les points clés de la réforme des retraites agricoles en 2026

Depuis 2023, les règles de départ à la retraite ont évolué pour tous les actifs. Mais une réforme spécifique au monde agricole est venue s’y ajouter : depuis le 1er janvier 2026, la retraite de base des non-salariés agricoles est désormais calculée sur les 25 meilleures années de revenus, et non plus sur l’ensemble de la carrière.

Pour les exploitants agricoles, cette évolution peut améliorer la prise en compte des parcours professionnels marqués par des revenus irréguliers, des aléas climatiques ou des années plus difficiles.

Voici ce qu’il faut retenir :

  • Une durée d’activité allongée jusqu’à 64 ans
  • Mise en œuvre progressive du calcul sur les 25 meilleures années
  • Une retraite qui reste composée de plusieurs éléments
  • Des cotisations 2026 plus lisibles, avec un impact sur les droits retraite
  • Des petites retraites agricoles toujours revalorisées
  • Pensez à vous constituer une épargne retraite complémentaire

Une durée d’activité allongée jusqu’à 64 ans

Après des débats houleux, la réforme des retraites a été promulguée le 14 avril 2023. Cette réforme a acté le recul progressif de l’âge légal de départ en retraite de 62 ans à 64 ans, à l’horizon 2030. À compter du 1er septembre 2023, l'âge légal de départ à la retraite sera progressivement augmenté de trois mois par année de naissance. Toutes les personnes nées à compter du 1er septembre 1961 seront concernées par le relèvement de l'âge de départ à la retraite. En 2027, il sera fixé à 63 ans et 3 mois pour la génération 1965, pour atteindre 64 ans en 2030 pour la génération de 1968 et les suivantes.

Dès 2027, pour bénéficier d’une retraite à taux plein, il faudra avoir cotisé 43 annuités, et non plus 42.

Pour que ceux qui ont commencé à travailler jeunes n’aient pas à travailler plus de 44 ans, ils pourront partir plus tôt que 64 ans. Le dispositif des carrières longues est maintenu pour un départ anticipé pour ceux qui ont commencé à travailler entre 16 et 21 ans, tout en leur appliquant l'allongement de la durée de cotisation. Ceux qui ont commencé à travailler avant leur 16e anniversaire pourront prendre leur retraite à 58 ans, sous réserve d’avoir cotisé la durée d’assurance requise, majorée d’une année, et non plus de deux années comme aujourd’hui. Ceux qui ont commencé à travailler entre leur 16e et leur 18e anniversaire pourront partir à partir de 60 ans. Un début d’activité entre 18 et 20 ans permettra, sous certaines conditions également, un départ anticipé à la retraite à partir de 62 ans.

La réforme des retraites n'a pas prévu de changement pour l’âge d’annulation automatique de la décote qui reste fixé à 67 ans. Même si elles n'ont pas travaillé 43 ans, les personnes pourront toujours bénéficier d'un départ à taux plein à 67 ans.

Mise en œuvre progressive du calcul sur les 25 meilleures années

Jusqu’à fin 2025, les exploitants agricoles faisaient partie des derniers actifs dont la retraite de base restait calculée selon des règles spécifiques au régime agricole. Depuis le 1er janvier 2026, ce mode de calcul a évolué : la retraite de base des exploitants, conjoints collaborateurs et aides familiaux prend désormais pour référence les 25 meilleures années de revenus de la carrière agricole.

Cette réforme résulte de la loi du 13 février 2023, rendue pleinement applicable après la publication des décrets d’application le 30 décembre 2025. Elle est entrée en vigueur en métropole au 1er janvier 2026.

L’objectif est clair : mieux refléter la réalité des carrières agricoles, souvent marquées par des revenus variables, des fluctuations de marché ou des événements climatiques. En ne retenant plus l’ensemble de la carrière, mais les années les plus favorables, ce nouveau calcul peut mieux valoriser certaines trajectoires.

Une mise en œuvre progressive avec recalcul en 2028

Le nouveau mode de calcul s’applique aux pensions de base liquidées à partir du 1er janvier 2026. Pour les pensions attribuées entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2027, un recalcul des droits sera effectué en 2028. À l’issue de ce recalcul, le montant de la retraite sera soit confirmé, soit revalorisé.

Autrement dit, la réforme est bien en vigueur, mais sa mise en œuvre se fait en deux temps afin de sécuriser le calcul des droits pendant la phase de transition.

À savoir

Selon la MSA, l’âge de départ à la retraite des agriculteurs est de 63,4 ans, alors que l’âge moyen, tous régimes confondus, est de 62,3 ans.

Une retraite qui reste composée de plusieurs éléments

Pour un non-salarié agricole, la retraite repose sur plusieurs composantes : une retraite de base et une retraite complémentaire obligatoire. La réforme de 2026 modifie le mode de calcul de la retraite de base, mais la retraite complémentaire obligatoire continue d’exister. Dans les faits, le montant final de la pension dépend toujours de plusieurs paramètres :

  • le nombre de trimestres validés ;
  • les revenus professionnels pris en compte ;
  • la carrière accomplie en tant que chef d’exploitation, conjoint collaborateur ou aide familial ;
  • et, le cas échéant, l’ouverture de droits à certaines revalorisations.

Des cotisations 2026 plus lisibles, avec un impact sur les droits retraite

Autre évolution importante depuis le 1er janvier 2026 : la réforme de l’assiette sociale des non-salariés agricoles. Désormais, les cotisations sociales sont calculées sur une base plus lisible et plus proche de celle utilisée pour la CSG-CRDS. Cette assiette repose sur le revenu professionnel brut, c’est-à-dire les recettes ou produits diminués des charges d’exploitation hors cotisations sociales, avec application d’un abattement forfaitaire de 26 %.

L’objectif de cette réforme est double : simplifier le calcul des cotisations et renforcer les droits sociaux, notamment à la retraite, sans augmenter le montant global des prélèvements.

Une cotisation Retraite Complémentaire obligatoire additionnelle est également prévue pour certains chefs d’exploitation en fonction de leurs revenus, afin d’augmenter les droits à la retraite complémentaire.

Des petites retraites agricoles toujours revalorisées

En parallèle de la réforme des 25 meilleures années, le dispositif de revalorisation des petites retraites agricoles continue de s’appliquer. Depuis le 1er novembre 2021, la pension minimale des anciens chefs d’exploitation ayant eu une carrière complète peut être portée à 85 % du SMIC net agricole. Au 1er janvier 2026, cela correspond à une garantie minimale de 1 214,40 € par mois.

Cette revalorisation concerne les anciens chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole ayant exercé à titre exclusif ou principal, sous réserve notamment :

  • d’avoir la durée d’assurance requise pour le taux plein ;
  • d’avoir accompli au moins 17,5 années comme chef d’exploitation ou d’entreprise agricole à titre principal ;
  • et d’avoir fait valoir l’ensemble de leurs droits dans tous les régimes obligatoires.

D’autres mesures de revalorisation visent également les conjoints collaborateurs et les aides familiaux, afin de corriger des écarts historiques de pension au sein du monde agricole.

Pensez à vous constituer une épargne retraite supplémentaire

Pour compléter votre pension, il est judicieux de vous constituer une épargne supplémentaire.

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